Challenge "L'Équipe" Les villes les plus sportives

Mâcon et Vesoul sont les deux communes lauréates cette année du challenge organisé par "L'Equipe".

 

Comme chaque depuis 1937, le Challenge "L'Équipe" de la ville la plus sportive récompense des communes françaises pour la qualité et la cohérence de leur politique en faveur du sport. Les deux vainqueurs de cette année sont des préfectures à forte réputation sportive: celle de la Saône-et-Loire, Mâcon, dans la catégorie des communes de 20 000 à 100 000 habitants ; et celle de la Haute-Saône, Vesoul, dans la catégorie des moins de 20 000 âmes.
Elles succèdent à Istres, la ville nouvelle des Bouches-du-Rhône, et à Ronchin, dans la banlieue de Lille.
Comme pour l'édition précédente, nous avons maintenu à l'écart du vote les très grandes villes, celles qui comptent plus de 100 000 habitants, au nombre de trente-sept dans notre pays. Elles avaient en effet donné lieu à un banc d'essai exhaustif l'année dernière (L'Équipe Magazine n° 944 du 3 juin 2000), remporté dans l'ordre par Nantes, Besançon et Amiens, qui sera renouvelé dans les deux ou trois ans quand la variation des indicateurs sera significative. En attendant, nos " trente-sept " font bande à part.
Soixante-quatre communes nous ont fait parvenir leur candidature pour cette édition 2001, soit une bonne participation pour une année d'élections municipales: dix-sept dans la catégorie de 20 000 à 100 000 habitants, et quarante?sept dans la catégorie des moins de 20 000. Nous avons sélectionné huit dossiers (quatre dans chaque catégorie) et effectué une visite d'expertise dans les huit villes nominées, juste après les élections. Puis nous avons réuni un jury comprenant L'Équipe, ses partenaires le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), la Fédération nationale des offices municipaux du sport (FNOMS) et l'Association des maires de France (AMF) et l'ancien rugbyman Pierre Berbizier invité à apporter ses observations. Ainsi ont été désignés les deux lauréats 2001, deux communes où le sport a vraiment droit de cité.


VESOUL, LE SPORT EN PAIX
Bienvenue à " la Nice de l'Est ", surnom que donnent à Vesoul ses propres habitants, en fantasmant sur un micro-climat dont ils sont très fiers. Que n'inventeraient-ils pas pour améliorer la piètre image de leur modeste et laborieuse cité ! Certes, la population de cette ancienne ville de garnison est plus âgée que la moyenne et 70 % vit en logements locatifs collectifs. Certes, cette petite préfecture placée au coeur d'un département sous-peuplé (230 000 habitants) est très enclavée puisque située à une demi-heure de la première autoroute. Mais voilà, la vie y est très agréable et le slogan local résume tout le paradoxe: " À Vesoul, on pleure deux fois: quand on arrive et quand on part.
L'omniprésence de l'agriculture dans les années 70 a été remplacée par une autre, celle de l'usine Peugeot, qui représente 4 000 emplois et 10 % de la taxe professionnelle. Le sport dans tout ça ? L'adjoint Guy Parmentelot, qui entame son quatrième mandat, rappelle que c'est ici une tradition, notamment l'athlétisme et les sports mécaniques. Mais il reconnaît qu'un sérieux coup â d'accélérateur a été donné par le maire élu en 1995, Alain Joyandet, quarante-sept ans, sénateur, physique à la Kennedy, ancien avant-centre (en DH, ses parents lui ayant interdit de passer pro), puis président du club de foot. Il a mis en oeuvre depuis six ans une volonté politique forte de " faire du sport ", avec un évident objectif de paix sociale.
Aujourd'hui, la réalité du sport vesoulien est symbolisée par une foule d'équipements: du terrain synthétique en accès libre à la piste de bicross, de la Maison des Associations au stand de tir, de la salle permanente de tennis de table (avec projet de pôle Espoirs) à celledu band dont le public est réputé " chaud " (1 000 places toujours occupées), des cinq équipements de proximité au skatepark Peterhansel (le spécialiste du Dakar est la gloire locale), de l'aérodrome à l'hippodrome, de la piste de karting au circuit automobile, de la piscine d'entraînement couverte à la piscine d'été intercommunale construite au bord d'un lac artificiel, lequel accueille une superbe base nautique, il y a le choix.
Chaque équipement a son gardien, et reste ouvert de 8 heures à 23 heures. L'engagement citoyen, écrit en 1995, dessine un projet sportif cohérent en direction du haut niveau comme de la base. D'abord en lui octroyant des moyens, avec un programme d'investissements selon un ordre de priorités qui est respecté, avec la réorganisation du service des sports, et avec un soutien renforcé aux associations (+ 15 % de subventions), même si le maire est conscient que " ce qu'on leur donne est limite par rapport à ce qu'on leur demande ".
Ensuite, et surtout, il y a le remarquable travail effectué en faveur des jeunes, à grands renforts d'éducateurs ou d'animateurs sportifs. On pense ici à l'initiation périscolaire (16 heures à 17 heures), aux animations de quartier (17 h 30 à 19 heures) qui se déroulent au printemps et sur un lieu unique annoncé par affichage, aux stages d'été qui rassemblent 33 % des enfants de Vesoul, tout comme les temps scolaires, enfin aux tickets sports pendant les petites vacances.
Ajoutez à cela un Office municipal du sport très actif, qui intervient dans la répartition des subventions et gère le centre médico-sportif, un soutien correct aux manifestations, dont les fleurons sont le triathlon, le semi?marathon et la semaine de la pétanque (3 000 participants), mais aussi l'étonnant " Indiana Saône " qui propose trois jours de pure aventure, et vous conviendrez que ce dossier n'a pas beaucoup de faiblesses.
Peut-être l'accessibilité pour les handicapés ? " Peut mieux faire ", avoue le maire. C'est quand même déjà pas mal.

VESOUL 17089 habitants. 8 225 licenciés sportifs, soit 48 de la population. 52 disciplines pratiquées dans 86 clubs. Budget des sports 20 MF, soit 11,3 du budget de la ville et 1175F par habitant Dette par habitant 5 758 F.

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